Dans sa jeunesse, Paul avait reçu l’aide de trois frères, placés sur son chemin pour lui être particulièrement en bénédiction.
Trois jours après sa conversion sur le chemin de Damas, Saul restait aveugle (Actes 9. 9). Le Seigneur envoie auprès de lui Ananias, en lui disant de Saul : « Voici, il prie ». Quand Ananias, plein de crainte, rappelle combien de maux le jeune Juif a faits aux saints à Jérusalem, et s’apprête à leur en faire à Damas, Jésus lui dit : « Va ; car cet homme est un instrument que je me suis choisi, pour porter mon nom devant les nations, et les rois et les fils d’Israël, car je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom ». Ananias s’en va, entre dans la maison et parle à Saul comme à un frère : « Le Seigneur, Jésus qui t’est apparu dans le chemin par où tu allais, m’a envoyé pour que tu retrouves la vue et que tu sois rempli de l’Esprit Saint » (Actes 9. 15-17). C’est une grande bénédiction lorsqu’un jeune rencontre, dès ses premiers pas dans le chemin de la foi, un frère en Christ qui peut ainsi le fortifier et l’encourager !
Après le séjour en Arabie, Saul monte à Jérusalem (Galates 1. 17 ; Actes 9. 26), cherchant à se joindre aux disciples. On le craignait, n’ayant pas confiance en lui. C’est alors qu’intervient Barnabas, qui le prend, le mène aux apôtres, et leur raconte sa conversion. Le jeune homme est ainsi accueilli par l’assemblée de Jérusalem et parle ouvertement au nom du Seigneur.
À la même époque, semble-t-il, Saul fait aussi connaissance de Céphas, et, comme nous l’avons déjà vu, passe quinze jours chez lui (Galates 1. 18). Ces journées ont dû rester gravées dans la mémoire du jeune serviteur, qui avait encore besoin d’une longue période de formation avant d’entrer dans le plein ministère que le Seigneur allait lui confier.
Devant les dangers que courait le nouveau converti de la part des Hellénistes, les frères le mènent à Césarée et l’envoient à Tarse. Nous ne savons pas précisément combien de temps Saul y resta, ni ce qu’il y fit. C’est une nouvelle étape d’une préparation déjà longue, pendant laquelle il avait pu, en plusieurs occasions, annoncer l’Évangile et parler du Seigneur. Quelques années plus tard, Barnabas vient le chercher à Tarse et le mène à Antioche, dans ce nouveau rassemblement, où « pendant une année entière, ils se réunirent dans l’assemblée et enseignèrent une grande foule » (Actes 11. 26).
Plus tard, le Saint Esprit dit expressément : « Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés » (Actes 13. 2). Les deux serviteurs vont effectuer un premier voyage, durant lequel Paul prendra son nouveau nom. Peu à peu son ascendant sur Barnabas augmente. Au lieu de nommer Barnabas et Saul, la Parole présente dorénavant Paul et Barnabas. L’incident à propos de Jean-Marc, l’irritation qui en résulte, amène les deux hommes à se séparer dans leur service. Paul parlera pourtant de Barnabas avec estime dans sa première lettre aux Corinthiens (9. 6).
Dès lors, l’apôtre a de nouveaux compagnons, d’abord Silas, puis Timothée (Actes 15. 40 ; 16. 1-3). Environ seize ans de collaboration vont approfondir la communion croissante de Paul avec celui qu’il nomme « mon enfant » (1 Timothée 1. 2 ; 2 Timothée 1. 2). Une nouvelle génération se levait pour la diffusion de l’évangile et le service dans les assemblées. Pendant toutes ces années, tous deux, et d’autres avec eux parfois, vont voyager ensemble, souffrir ensemble, faire face ensemble aux nombreux problèmes qui se présentent. Occasionnellement, Paul déléguera Timothée et Silas, ou Timothée tout seul. Dans sa première lettre il rappelle l’avoir prié de rester à Éphèse (1 Timothée 1. 3).
Lors de sa seconde captivité, l’apôtre écrit sa dernière épître, message d’adieu à son enfant dans la foi, qu’il désirerait tant revoir avant de mourir (2 Timothée 4. 9, 21).
Cette épître contient une recommandation d’une grande importance pour le passage des générations : « Ce que tu as entendu de moi en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes fidèles qui soient capables à leur tour d’en instruire d’autres » (2 Timothée 2. 2). Sachant combien Timothée avait reçu, et de lui et d’autres, en fait de la part du Seigneur, l’apôtre l’avait exhorté avec instance : « Ô Timothée, garde ce qui t’a été confié… Garde le bon dépôt par l’Esprit Saint qui habite en nous » (1 Timothée 6. 20 ; 2 Timothée 1. 14). Garder soigneusement ce que l’on a reçu, mais aussi le transmettre, le « confier » à ceux qui s’attacheront au Seigneur et seront capables à leur tour d’instruire les autres. Ainsi, en quatre générations (2 Timothée 2. 2), l’héritage spirituel se transmet. « Confier » est plus que transmettre. C’est ici confier un trésor à la responsabilité de quelqu’un. Paul était persuadé que le Seigneur avait la puissance de garder ce qu’il lui avait « confié » (2 Timothée 1. 12). Cette confiance de l’apôtre n’enlevait rien à la responsabilité de Timothée, et des croyants qui viendraient après lui, de veiller sur le bon dépôt qui leur avait été « confié ». Le Seigneur Jésus avait souligné cette responsabilité : « À qui il a été beaucoup confié, il sera réclamé davantage » (Luc 12. 48).
Et l’apôtre de conclure ses exhortations en adjurant Timothée devant Dieu et le Christ Jésus : « Prêche la Parole, insiste, que l’occasion soit favorable ou non, convaincs, reprends, exhorte, avec toute patience et doctrine » (2 Timothée 4. 1-2). Il ajoute encore : « Sois sobre en tout, endure les souffrances, fais l’œuvre d’un évangéliste, accomplis pleinement ton service » (v. 5), dernier appel du vieil apôtre : « le temps de son départ est arrivé » ; une nouvelle génération poursuivra dans la dépendance du Seigneur, l’œuvre inachevée.