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La foi... d'une génération à l'autre ?
G. André

Ce mot a trois significations différentes :

a) « L’ensemble des êtres qui descendent de quelqu’un à chacun des degrés de filiation », sa progéniture, sa descendance.

L’expression se retrouve dix fois dans la Genèse : « Ce sont ici les générations de… ».

b) « L’espace de temps correspondant à l’intervalle qui sépare chacun des degrés d’une filiation ».

C’est ce sens, par exemple, en Matthieu 1 à propos des trois fois quatorze générations d’Abraham à Christ (intentionnellement, l’Esprit a omis quelques « maillons » de la chaîne).

Durant cet espace de temps s’opère une transmission orale de la révélation. Ainsi, Abraham a pu transmettre les déclarations divines à Isaac, Isaac à Jacob, Jacob à Joseph. Eux-mêmes ont aussi reçu de Dieu la confirmation des promesses, ou des promesses plus étendues.

Si l’on admet une durée moyenne de trente ans par génération, il suffit de soixante-cinq générations pour couvrir la période de Christ à nous. Plusieurs générations d’âges différents coexistent simultanément. Pour assurer la transmission orale des événements du premier siècle à nos jours, il ne faudrait donc pas plus de vingt à vingt-cinq personnes.

On sait combien cette transmission est rapidement « colorée », puis déformée. C’est pourquoi Dieu a voulu, dans la mesure où il a désiré nous les conserver, que les événements concernant, entre autres, la vie de son Fils, soient consignés en quatre évangiles différents. Deux ont été rédigés par des témoins oculaires, les deux autres, d’après le témoignage de personnes ayant vécu avec Jésus. Luc dit expressément que son travail a été d’écrire par ordre « un récit des faits qui sont pleinement reçus parmi nous, comme nous les ont transmis ceux qui, dès le commencement, ont été les témoins oculaires et les serviteurs de la Parole » (Luc 1. 1-2). De plus, chacun des évangélistes a été conduit par l’Esprit de Dieu, et inspiré pour « composer » les évangiles.

c) « L’ensemble des individus ayant à peu près le même âge ».

C’est ce sens en Ecclésiaste 1. 4 : « Une génération s’en va, une génération vient ».

L’acquis d’une génération passe à la suivante, qu’il s’agisse de connaissances intellectuelles, historiques ou spirituelles. Autrement dit un héritage se transmet de génération en génération. Si l’ensemble des individus qui constituent une génération devait à nouveau retrouver toutes les connaissances, disons scientifiques, de la précédente, il n’y aurait guère de progrès. Mais les jeunes bénéficient des découvertes accumulées par leurs prédécesseurs, d’où l’utilité des écoles et universités.

Dans le domaine matériel, nos lois, comme d’ailleurs l’Ancien et le Nouveau Testament, connaissent la transmission des biens des parents aux enfants. L’important pour nous ici est la transmission de l’héritage spirituel, thème des premiers chapitres des Proverbes. Quelle bénédiction lorsque des parents croyants peuvent inculquer à leurs enfants les enseignements qu’ils ont eux-mêmes reçus du Seigneur ! (Proverbes 4. 2-4). Un tel héritage peut être accepté, valorisé, renouvelé même. Il peut aussi être refusé, et les enfants peuvent s’opposer à leurs parents, d’où le conflit des générations.

Il ne suffit pas, dans le domaine spirituel, de recevoir l’héritage. La « tradition » n’a fait que trop de ravages tout le long de l’histoire chrétienne. Chaque génération, tout en bénéficiant des leçons de la précédente, doit revenir à la source et acquérir, par la lecture de la Parole de Dieu, une conviction personnelle.

Il en était ainsi de Timothée. Dès l’enfance, il connaissait les saintes lettres (2 Timothée 3. 15). L’apôtre l’exhorte à demeurer dans les choses qu’il a « apprises ». Il ne suffit pas de recevoir passivement la connaissance des récits bibliques, puis celle des vérités importantes. Il faut encore les « apprendre », c’est-à-dire les assimiler, les retenir. Dans un troisième stade, on en sera « pleinement convaincu » (2 Timothée 3. 14). Cette conviction ne peut s’acquérir qu’en revenant soi-même à la Parole, seul fondement de la foi. L’aide apportée par l’enseignement des parents, d’autres croyants, du ministère oral ou écrit, est d’une grande valeur. Mais si cet enseignement n’est retenu que par tradition et non par conviction, il sera sans fruit.

Le quatrième stade pour Timothée était de transmettre ce qu’il avait reçu : « Prêche la parole, insiste, que l’occasion soit favorable ou non, convaincs, reprends, exhorte » (2 Timothée 4. 2).

Les parents croyants ont la responsabilité d’inculquer avec soin et persévérance les enseignements divins (Deutéronome 6. 7). Dieu était certain qu’Abraham commanderait à ses fils et à sa maison, après lui, de garder la voie de l’Éternel (Genèse 18. 19). Et Lemuel rappelle comment sa mère l’avait enseigné et averti (Proverbes 31. 1).

Les enfants sont responsables de recevoir et de vivre ce qui leur a été transmis. À leur tour, ils auront la responsabilité de le faire valoir et de le confier à ceux qui viendront après eux.

Nous chercherons dans la Parole quelques cas concrets, illustrant la manière dont l’héritage spirituel a été transmis, reçu, vécu.