Éli était sans doute un homme pieux, attaché à l’Éternel, spécialement à l’arche, symbole de sa présence. Mais il manquait d’équilibre et de discernement.
En 1 Samuel 1, il est « assis » (v. 9) ; il observe, il suppose, il accuse (v. 12-14). Bien vite il doit se déjuger (v. 17).
Quand Anne fait l’immense sacrifice d’amener son enfant à la maison de l’Éternel, rappelant à Éli qu’elle est « la femme qui se tenait ici près de toi pour prier l’Éternel », qu’elle prête son enfant à Dieu pour « tous les jours de sa vie », le vieux sacrificateur ne réagit pas (v. 24-28). Bien des années plus tard, simplement il « bénit Elkana et sa femme » (2. 20).
Fort âgé, il ne discernait pas la mauvaise conduite de ses fils. Il est difficile d’élever des enfants lorsqu’une grande différence d’âge sépare les générations, non seulement physiquement, mais moralement. Comment, en pareil cas, peut-on les suivre spirituellement, dans leurs occupations, dans leurs loisirs, partager leur vie ? Sans doute Dieu peut y suppléer et répondre aux prières instantes des parents et à leurs efforts intelligents pour comprendre cette nouvelle génération. Dans la mesure du possible, si les circonstances le permettent, il n’est désirable ni de se marier trop jeune, perdant ainsi l’expérience de la vie de jeune homme ou de jeune fille dans son développement avec le Seigneur, ni de se marier trop tard, quand une grande différence d’âge rendra l’éducation des enfants d’autant plus difficile !
Éli apprend « de tout le peuple » les méchantes actions de ses fils ! (2. 22-23). Il ne s’en était donc pas préoccupé. Pendant des années, ceux-ci s’appropriaient les offrandes de l’Éternel : « Et le péché de ces jeunes hommes fut très grand devant l’Éternel ; car les hommes méprisaient l’offrande de l’Éternel » (2. 17). Renseigné sur leur inconduite, très mollement le vieillard leur déclare : « Ce que j’entends dire n’est pas bon » ! (2. 23). Le prophète lui reprochera avec vigueur : « Tu honores tes fils plus que moi » (2. 29). Le Seigneur dira à Samuel à l’intention d’Éli : « Ses fils se sont avilis, et il ne les a pas retenus » (3. 13).
Par « un homme de Dieu », l’Éternel envoie un avertissement solennel au sacrificateur (1 Samuel 2. 27-36). Éli semble ne pas y prendre garde, et les paroles du prophète restent sans effet. Un deuxième avertissement vient par l’entremise de Samuel, qui rapporte toutes les paroles entendues de la bouche de Dieu. Et Éli dit : « C’est l’Éternel, qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux » (3. 18) telle est la résignation d’un vieillard qui ne se repent pas et n’avertit pas Hophni et Phinées comme il l’aurait fallu. C’était trop tard. Pourtant tout son cœur était pour l’arche (4. 18). Mais quel héritage avait-il transmis à ses fils ?
On peut avoir fait toute une carrière honorable, être, comme Éli, « assis » dans ses habitudes de piété, mais sans vie active, et en « laissant aller » ceux dont on devrait se sentir responsable devant Dieu.