Après la terrible tension du Carmel, Élie aurait dû de lui-même se retirer à l’écart (Marc 6. 31). Ce sont plutôt les menaces de Jézabel qui l’ont fait fuir (1 Rois 19). Le prophète avait une sérieuse leçon à apprendre. Après sa victoire sur les défenseurs des idoles, il était plein de lui-même : « Les fils d’Israël ont abandonné ton alliance… je suis resté moi seul » (1 Rois 19. 10, 14). À deux reprises Élie répète son affirmation, lui qui s’était cru « meilleur que ses pères » (1 Rois 19. 4).
Profondément découragé, il avait demandé « la mort pour son âme ». Il avait, d’un côté, le sentiment d’en avoir fini avec sa mission, et de l’autre, l’orgueil spirituel de se croire le seul fidèle. Il en vient à faire « requête à Dieu contre Israël… Mais que lui révèle la réponse divine ? Je me suis réservé sept mille hommes, ceux qui n’ont pas fléchi le genou devant Baal » (Romains 11. 2-4) !
Tu t’es cru tout seul fidèle ? Eh bien ! il y en a sept mille autres qui le sont aussi. Tu estimes ta mission terminée ? Eh bien ! Va, oins Élisée comme prophète à ta place.